Lauréats
Des nouvelles d’Emerson Massa, Congo Brazzaville, Responsable de l’ONG « Viens et Vois »

En 2010, Emerson Massa Hekeabeka a reçu le prix société civile HARUBUNTU. Ce prix lui a été décerné à Bruxelles et couronne autant ses qualités humaines que son projet de réhabilitation des personnes aveugles et malvoyantes au Congo Brazzaville.
« Viens et Vois » lance un projet de forage…
Depuis plusieurs années, la capitale Brazzaville est victime d’une forte croissance démographique et subit les impacts classiques de cette urbanisation, parmi lesquelles un manque chronique d’eau et d’électricité. Dans certaines zones l’eau courante n’est disponible qu’un jour sur deux.
Pour répondre partiellement à ce problème, Emerson Massa a initié un projet de forage électrique dans le quartier de Kombo-Massengo, au Nord de Brazzaville. Plus qu’ailleurs, ce quartier concentre une forte proportion d’aveugles et de malvoyants ainsi qu’une population très pauvre qui subissent de plein fouet ces difficultés journalières d’approvisionnement en eau potable.
Ce projet (« Les aveugles gèrent leur eau potable »), financé par la mission évangélique braille Suisse, consiste à effectuer des forages pour aller chercher de l’eau dans les nappes phréatiques. Grâce à des pompes électriques, l’eau sera distribuée dans le quartier par des aveugles et des malvoyants, lesquels en assureront également la gestion quotidienne. Emerson estime que le pompage journalier devrait permettre de récolter de 500 bidons à 2000 bidons de 25 litres. Le projet employera trois personnes : un gardien voyant et deux personnes non-voyantes. Les contrats individuels seront signés pour une durée de 6 mois, ce qui assurera une rotation entre les bénéficiaires de ces emplois. Ces rentrées financières permettront aux employés d’entamer la réalisation d’un projet personnel.
Ce projet de forage arrive à point nommé. Non seulement, les bénéfices générés rendent envisageable la mise en place d’autres projets de « Viens et Vois », mais il confère en outre un véritable rôle social aux personnes touchées par un déficit de la vue. Cerise sur le gâteau, ce lieu de rencontre permettra de poursuivre la sensibilisation quant à l’utilité sociale de l’ONG « Viens et vois » auprès de la population locale.
Pour en savoir plus : contactez Emerson à l’adresse email suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou par tel : +242 0660 56 47
29/03/2012
Des nouvelles de Jacqueline Uwimana, lauréate HARUBUNTU 2009 et coordinatrice de l’ASBL Umuseke au Rwanda
Le 23 février dernier a eu lieu dans le district de Ngororero, une marche pour la paix pour commémorer le massacre de Nyange. Pour rappel, le 18 mars 1997, trois ans après la fin du génocide des tutsi en 1994, des élèves du secondaire de Nyange, à l’Ouest du Rwanda, se sont vu assaillir, pendant le moment d’étude du soir, par un groupe de combattants appelés communément "Abacengezi", les infiltrés. Ces combattants étaient nombreux depuis fin 1994 jusqu’en 1998, sur certaines zones du pays ; ils menaçaient, volaient, violaient et tuaient ceux qui voulaient recommencer à vivre une vie normale. À Nyange les Abacengezi ont demandé aux élèves de se séparer en 2 groupes : celui des hutu et celui des tutsi. Les élèves ont refusé, en disant : « Non. Nous ne sommes que des rwandais ». Le feu a donc été ouvert sur tout le monde ; six élèves ont perdu la vie et plusieurs ont été blessés.
Depuis cet événement tragique, Umuseke a formé des enseignants de cette école sur l’exploitation de son outil pédagogique « Vers la Citoyenneté avec le Sentier de la paix ». Fin 2009, un club de dialogue sur la paix nommé "Inyange" - qui en kinyarwanda veut dire héro - a été créé et rassemble une centaine de jeunes qui se réunissent chaque semaine pour un débat sur les problèmes liés aux généralisations, aux discriminations, aux rumeurs, en tentant de trouver des solutions.
Umuseke s’est toujours intéressée à toutes les initiatives de paix qui sont née suite aux divers débats des jeunes : elle a soutenu la naissance du club Inyange et le lancement d’un nouveau club et a participé à la marche pour la paix ce 23 février dernier. Tout au long des 4 km de marche, au travers de banderoles, les jeunes ont lancés des messages de paix, « never again »…Ces messages ont été répercutés, via les médias, à une grande majorité de la population et même au-delà des frontières du Rwanda.
Pour en savoir plus sur les activités de l’ASBL Umuseke : umuseke1.afrikblog.com
Prix Entreprenariat – 2012
Sénégal
La Compagnie du Bien Manger
Mots-clefs : nourrir, aliments locaux, cuisine, gastronomie, diététique, santé, créativité, maladie, saveur, plus-value, culture, bien manger.
Saly Wade cuisine pour réconcilier l’identité, la gastronomie et la santé. Après avoir fait l’expérience de soucis de santé, Saly Wade s’est interrogée sur la justesse de son mode de vie, jusque dans ses habitudes alimentaires. Elle a fini par poser ses propres marmites sur le feu, touiller et faire goûter, sans cesser d’observer ce qui l’entoure de son œil de géographe enseignante et chercheuse à l’Université Cheik Anta Diop de Dakar. Saly propose de redonner de l’importance à la nourriture et à l’acte de manger. Aujourd’hui, elle propose un modèle de cuisine locale, gastronomique et diététique, qui peut, à l’occasion, présenter un caractère thérapeutique (diétothérapie) ou artistique et militant. Ouvert sur le monde, adapté aux changements socio-économiques en cours, il redonne une bonne place aux produits du terroir, en en promouvant l’image. Il constitue une excellente prévention des maladies non transmissibles – désormais si répandues dans les villes, et qui guettent les campagnes. L’évolution des aliments et des comportements alimentaires sont vus par Saly comme des révélateurs de transformations sociales. C’est pourquoi, à travers les questions transversales de l’aliment et de l’alimentation, elle parle aussi de cultures et d’identités recomposées qui laisseraient une modernité à l’africaine émerger à côté de traditions culinaires préservées.
Coup de Cœur Société Civile – 2012
République Démocratique du Congo
Association pour l’Encadrement des Jeune et Enfants de la Rue DU CONGO (AEJERC)
Mots-clefs : enfants de la rue, enfants sorciers, réinsertion, formation.
Ollie David Levi, autodidacte de la rue. Le projet de David Ollie s’enracine dans une expérience personnelle douloureuse, par rapport à laquelle il a réussi à prendre beaucoup de distance pour la transformer en tremplin. À l’âge de 7 ans, il est abandonné et jeté à la rue. Quinze ans plus tard, il se dit qu’il n’y a pas de fatalité et décide de créer une association d’enfants de la rue.
Prix Société Civile – 2012
République Démocratique du Congo
Projet de prévention du recrutement et de l’utilisation d’enfants par les forces et groupes armés et réinsertion des enfants
Mots-clefs : justice, enfant-soldat, violences sexuelles, éducation, identité, guerre, conflits.
Murhabazi Namegabe, porteur de paix. Marié et père d’une enfant, la quarantaine finissante, troisième d’une fratrie de 14 enfants, Murhabazi Namegabe, aurait pu être Assistant à l’Université. Il aime tant écrire. Mais, il a préféré lutter pour que son Pays, la République Démocratique du Congo, n’hypothèque pas sa véritable richesse : ses enfants. Son nom, qui signifie sauveur en langue swahili, le prédestinait sans doute à son action d’aujourd’hui : libérer les enfants soldats des mains des militaires et des combattants !
Prix Communication – 2012
République Démocratique du Congo
AFEM (Association des Femmes des Médias du Sud Kivu)
Mots-clefs : justice, guerre, citoyenneté responsable, radio, collectivité locale, ruralité.
Kamuntu Jolly, libératrice de parole. Elle a 36 ans. Mariée et mère de trois enfants, Kamuntu Jolly est femme de caractère, de communication aussi. Juriste – elle est graduée en droit –, elle entre en radio comme on entre en religion : avec foi et passion. Arrivée en 2000 à la radio catholique Maria, elle rejoint la radio Maendeleo en 2004. Elle ne la quittera plus et y exercera tour à tour les métiers de collaboratrice, journaliste-productrice, chef de programme et rédactrice en chef avant d’en devenir la directrice. Aujourd’hui, elle est présidente du conseil d’administration de l’AFEM (Association des Femmes des Médias du Sud Kivu).
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